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Les Pesticides : Attention Danger !

Que veut dire Pesticide ?

D’après Wikipedia, un pesticide est une substance utilisée pour lutter contre des organismes considérés comme nuisibles. C’est un terme générique qui rassemble les insecticides, les fongicides, les herbicides, les parasiticides. Ils s’attaquent respectivement aux insectes ravageurs, aux champignons, aux « mauvaises herbes » et aux vers parasites. Le terme pesticide comprend non seulement les substances « phytosanitaires » ou « phytopharmaceutiques » utilisées en agriculturesylviculture et horticulture, mais aussi les produits zoosanitaires, les produits de traitements conservateurs des bois, et de nombreux pesticides à usage domestique : shampoing antipoux, boules antimites, poudres anti-fourmis, bombes insecticides contre les mouches, mites ou moustiques, colliers antipuces, diffuseurs intérieurs de pesticides, etc.

La Réglementation Européenne

Dans une acception plus large, comme celle de la réglementation européenne, ce peut être des régulateurs de croissance, ou des substances qui répondent à des problèmes d’hygiène publique (par exemple les cafards dans les habitations), de santé publique (les insectes parasites pouxpuces ou vecteurs de maladies telles que le paludisme et les bactéries pathogènes de l’eau détruites par la chloration), de santé vétérinaire, ou concernant les surfaces non agricoles (routes, aéroports, voies ferrées, réseaux électriques, etc.).

Les Catégories de Pesticides

Les pesticides comprennent :

  • les produits dits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques (qui étymologiquement « soignent » les plantes : ce sont comme des médicaments pour les plantes en culture).
  • les biocides, c’est-à-dire les pesticides utilisés dans d’autres applications. Ils incluent des produits qui soignent les animaux ou l’homme (antiparasitaires externes ou internes par exemple). Ils peuvent désigner des molécules actives seules, ou des formulations associant plusieurs molécules ou des molécules actives et additifs (surfactants par exemple).

En France, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche et le ministère de l’Environnement (de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire) ont conjointement produit un document visant à mieux différentier les phytosanitaires des biocides.

Chaque groupe chimique produit des métabolites au sein des organismes vivants ou des résidus en se dégradant spontanément. Ces résidus ou métabolites sont plus ou moins dégradables et susceptibles d’être retrouvé comme polluants de l’environnement ou contaminants de la nourriture ou de la boisson.

La Conception d’un Pesticide

Un pesticide est composé d’un ensemble de molécules comprenant :

  • une (ou plusieurs) matière active à laquelle est dû, en tout ou en partie, l’effet toxique.
  • un diluant qui est une matière solide ou un liquide (solvant) incorporé à une préparation et destiné à en abaisser la concentration en matière active. Ce sont le plus souvent des huiles végétales dans le cas des liquides, de l’argile ou du talc dans le cas des solides. Dans ce dernier cas le diluant est dénommé charge.
  • des adjuvants qui sont des substances dépourvues d’activité biologique, mais susceptibles de modifier les qualités du pesticide et d’en faciliter l’utilisation.

Les propriétés d’un pesticide découlent pour l’essentiel de la structure de sa matière active. Celle-ci présente 3 parties (ce découpage est artificiel, aucune partie ne pouvant être littéralement séparée) :

  • une structure active, qui assure le pouvoir pesticide ;
  • des fonctions chimiques assurant la plus ou moins grande solubilité dans l’eau ;
  • une partie support pour les deux autres conditionnant la solubilité dans l’huile.

Cette notion de solubilité est importante car c’est l’affinité d’un pesticide pour l’eau ou les corps gras qui va conditionner sa pénétration dans l’organisme ciblé.

Les pesticides regroupent une grande diversité de structures chimiques et chaque molécule constitue une entité qui se caractérise par un ensemble de propriétés spécifiques (taille moléculaire, encombrement stérique, basicité ou acidité, constante de dissociation, coefficient de partage octanol-eau, solubilité dans l’eau, tension de vapeur) qui vont conditionner sa réactivité à l’égard des constituants du sol. Quand un pesticide est adsorbé par le sol il en résulte une difficulté à préjuger de la rétention d’une molécule par le sol, même à l’intérieur d’une famille chimique donnée.

On distingue deux sortes de pesticides :

  • Les présentations solides :
    • Les poudres mouillables (WP) : la matière active est finement broyée (solide) ou fixée (liquide) sur un support adsorbant ou poreux (silice). Des agents tensio-actifs (dodécylbenzène, lignosulfonate de Ca, Al ou Na) et des charges de dilution (kaolintalccraie, silicate d’aluminium et magnésium ou carbonate de Ca) sont ajoutés ainsi que des agents antiredépositions, anti-statique ou anti-mousse. Des stabilisateurs (anti-oxygène et tampon pH) sont inclus pour les rendre compatibles avec d’autres préparations. Ces poudres doivent être dispersées dans l’eau au moment de l’emploi.
    • Les granulés à disperser (WG) : granulés obtenus par l’agglomération avec un peu d’eau de matière active, de charge et d’agents liants et dispersants, suivi d’un séchage. Ces poudres doivent être dispersées dans l’eau au moment de l’emploi.
    • Les micro-granulés (MG) : identiques aux WG mais d’une taille plus petite (0,1 à 0,6 mm).
  • Les présentations liquides :
    • Les concentrés solubles (SL) : c’est une solution de matière active à diluer dans l’eau, additionnée d’agents tensio-actifs.
    • Les suspensions concentrées (SC) : les matières actives solides, insolubles dans l’eau sont maintenues en suspension concentrée dans l’eau, en présence de produits mouillants, de dispersants, d’épaississants (bentonitesilice) ou d’agent anti-redéposition, d’antigel (éthylène glycolurée) d’antimoussants et parfois de bactéricides(méthanal ou formol). Ces préparations sont diluées dans l’eau au moment de l’emploi.
    • Les concentrées émulsionnables (EC) : les matières actives sont mises en solution concentrée dans un solvant organique et additionnée d’émulsifiants chargés de stabiliser les émulsions obtenues au moment de l’emploi par dilution dans l’eau.
    • Les émulsions concentrées (EW) : la matière active est dissoute dans un solvant organique. La solution additionné d’agents émulsifiants est dispersée dans une petite quantité d’eau. Cette présentation est moins toxique et moins inflammable que les concentrés émulsionnables.

Les Dangers de l’Utilisation des Pesticides

Les fabricants estiment que les pesticides améliorent la qualité des produits, notamment en réduisant le risque de développement de certaines bactéries ou champignons produisant des toxines.

Mais l’utilisation systématique de pesticides peut susciter des réactions dangereuses pour l’environnement et provoquer des problèmes de  santé :

  1. certains de ces pathogènes développent peu à peu des résistances à certains pesticides, comme les bactéries le font face aux antibiotiques trop utilisés ;
  2. certains résidus de pesticides présents sur et dans les végétaux ou les produits animaux, s’ils s’accumulent, peuvent poser des problèmes de santé ;
  3. des résidus de pesticides peuvent poser problème pour les animaux qui consomment les déchets de l’industrie agroalimentaire ;
  4. les sols, leur microfaune et leur biodiversité qui se dégradent sous l’action des pesticides finissent par produire des fruits et légumes de moindre qualité, moins résistants aux aléas climatiques.

Les relations entre pesticides  et environnement sont à double sens : les pesticides modifient l’environnement parce que écotoxiques, en mettant en œuvre une centaine de ces mécanismes, et inversement l’environnement (Cf. Oxygène, ozone, humidité, pH, métaux, métalloïdes, bactéries, champignons, etc.), modifient les pesticides, leurs impuretés (dioxines dans l’agent orange par exemple) et leurs métabolites. Pour de nombreux produits anciennement mis sur le marché la photo-altération des produits, de leur impuretés, molécules de dégradation ou métabolites dans l’air et ses effets environnementaux ont été peu étudiés.

Les impuretés,  indésirables mais présentes et presque économiquement inévitables dans certains processus de fabrication sont parfois la première cause de toxicité et écotoxicité d’un produit. Par exemple les effets adverses écologiques de l’hexachlorocyclohexane sur les mammifères sont probablement essentiellement dus aux 5 à 14 % d’isomèreβ qui est bioaccumulable à long terme dans les graisses. Un des problèmes les plus graves a peut-être été le 2,3,7,8-tetrachlorodibenzo-p-dioxin (TCDD), une impureté de l’herbicide 2,4,5-T (acide 2,4,5-trichlorophénoxyacétique) maintenant interdit.

La cinétique des pesticides dans l’eau :

On en retrouve dans les brumes et pluies dans les eaux superficielles, dans les eaux de nappe et en mer (dont antifoolings) et pour certaines molécules et dans certaines régions dans l’eau du robinet. Selon leur tension de vapeur, les molécules pesticides ou leur métabolites sont plus ou moins solubles dans la vapeur d’eau ou l’eau liquide.

Les pesticides utilisés dans l’eau sont réellement préoccupants, notamment quand ils sont rémanents ou largement utilisés dans les régions ou pays très agricoles. En France la pollution par les eaux usées domestiques et industrielles a fortement régressée, mais en dépit des plans nitrates successifs et du plan Ecophyto, le suivi de 602 pesticides différents (594 en métropole et 231 dans les DOM) montre que la plupart des rivières sont concernées par une pollution chronique. En 2010-2011, des pesticides étaient retrouvés sur « 89 % des points de mesure en métropole » (pour 56 % des points des départements d’outre-mer, hors Guyane)« Plus de 20 pesticides différents sont décelés sur plus de 26 % des points de mesure ». En 2012 « La moitié des pesticides recherchés en métropole sont détectés au moins une fois, contre moins d’un quart dans les DOM (respectivement 51 % des 594 recherchés contre 22 % des 231 recherchés) » En métropole en 2012« Plus de 20 pesticides différents sont décelés sur plus de 26 % des points de mesure. Ces zones sont localisées en métropole, dans un large tiers nord de la France, en amont du Rhône et plus ponctuellement en Pays de la Loire ». Sans surprise, ce sont les zones les plus agricoles qui sont les plus concernées (zones céréalières, de maïsiculture et de viticulture) notamment dans le grand Bassin parisien, en Pays de la Loire, dans le Sud-Ouest mais aussi le long du Rhône. En Martinique, le chlordécone interdit depuis 20 ans est encore très présent dans les sols et cours d’eau en 2012. En métropole, 40 points présentent plus de 5 µg/l (pour les pesticides recherchés, c’est-à-dire compte-non tenu de certains produits non recherchés ou de métabolites écotoxiques), tous en zones de grande culture (nord de la France, Bassin parisien et Sud-Ouest).

Les bandes enherbées font partie des mesures visant à limiter le transfert de pesticides des champs vers les cours d’eau.

La cinétique des pesticides dans les sols :

Lors d’un traitement, plus de 90 % des quantités utilisées de pesticides n’atteignent pas le ravageur visé. L’essentiel des produits phytosanitaires aboutissent dans les sols (directement ou via la pluie après évaporation dans l’air). Dans le sols, ils subissent des phénomènes de percolation  et de dispersion. Les risques pour l’environnement sont d’autant plus grands que ces produits sont toxiques, utilisés sur des surfaces et à des doses/fréquences élevées et qu’ils sont persistants et mobiles dans les sols.

Le sol comporte des éléments minéraux et organiques mais aussi des organismes vivants. ces derniers participent également aux transferts, d’immobilisation, de modification (biodégradationmétabolisation) et de dégradation.

Les phénomènes de transfert

  • Les transferts à la surface du sol ne concernent qu’une faible part des produits appliqués (généralement moins de 5 %). Ils contribuent à la pollution des eaux de surface lorsqu’ils sont entraînés, soit à l’état dissout ou retenu sur des particules de terre elles-mêmes entraînées.

Les transferts dans le sol sont les plus importants. Ils y sont entrainés par l’eau de pluie et s’y déplacent selon la circulation de l’eau. Ces déplacements varient beaucoup selon le régime hydrique, la perméabilité des sols, la nature du produit.

Les phénomènes d’immobilisation

  • Ce phénomène est dû à l’adsorption, qui résulte de l’attraction des molécules de matière active en phase gazeuse ou en solution dans la phase liquide du sol par les surfaces des constituants minéraux et organiques du sol. De nombreux facteurs influencent sur la capacité d’adsorption d’un sol, liés soit aux caractéristiques de la molécule, soit à celles du sol (composants minéraux et organiques, pH, quantité d’eau). De même, les phénomènes de désorption qui correspond à la libération de la molécule dans le sol (phénomène inverse de l’adsorption).Certains pesticides sont en majorité adsorbés rapidement par les matières humiques du sol (colloïdes minéraux et organiques).Une molécule adsorbée n’est plus en solution dans la phase liquide ou gazeuse. N’étant plus disponible, ses effets biologiques sont supprimés ; elle n’est plus dégradée par les micro-organismes du sol ce qui augmente sa persistance. Elle n’est plus entraînée par l’eau, ce qui empêche la pollution de cette dernière. Sa désorption lui rend toutes ses capacités biotoxiques.Ces molécules sont plus fortement retenues en général dans les sols argileux ou riche en matières organiques

.Les phénomènes de dégradation

  • Quand les molécules sont biodégradables, certains sols sont des écosystèmes à capacité élevée de détoxification. Les processus de dégradation des matières actives aboutissent finalement à l’obtention de molécules minérales telles que H2O, CO2, NH3.

La dégradation est assurée principalement par les organismes biologiques de la microflore du sol (bactéries, actinomycètes, champignons, algues, levures), celle-ci pouvant atteindre une tonne de matière sèche à l’hectare. Son action s’exerce surtout dans les premiers centimètres du sol.

Il existe également des processus physiques ou chimiques de dégradation, tel que la photodécomposition. Ces actions contribuent à diminuer la quantité de matière active dans le sol et donc à réduire les risques de pollution.

La cinétique de dégradation d’une molécule donnée est déterminée en estimant la persistance du produit. Pour cela, on détermine sa demi-vie qui est la durée à l’issue de laquelle sa concentration initiale dans le sol a été réduite de moitié. Cette demi-vie peut varier avec la température, le type de sol, l’ensoleillement, etc : ainsi, celle du DDT est d’environ 30 mois en région tempérée et de 3 à 9 mois sous climat tropical. Les sols se comportent, selon les cas, comme un lieu de stockage provisoire ou un filtre passif ou actif, selon leur nature plus ou moins « fixatrice » (adsorbante) et selon qu’ils permettent ou non la dégradation ou biodégradation de certains produits phytosanitaires. Ce « filtre » est plus ou moins sélectif, car les molécules de pesticides ou leurs résidus sont plus ou moins capables de se fixer sur le sol ou d’être métabolisés par la vie du sol (bactérieschampignons…)

À titre d’exemple,

  • l’oxychlorure de cuivre n’est pas biodégradable et s’accumule dans les sols. Il a ainsi entrainé la stérilisation de 50 000 ha de certains sols de bananeraies au Costa Rica. NB : le cuivre est tout à fait autorisé en Europe en Agriculture Biologique (dose moyenne maxi de 6 kg / hectare / an).
  • L’arsenic n’est pas non plus biodégradable. C’est la base du MSMA ou méthanearséniate monosodique (n°CAS:2163-80-6) qui est à la fois fongicide et désherbante. Le MSMA est très utilisée, notamment aux États-Unis (environ 4 millions de livres par an (soit 1,8 million de kg/an) sur les champs de coton et sur les golfs.

Sous leurs formes organoarséniques – actuellement les plus utilisées – les composés de l’arsenic sont réputés peu toxiques pour l’homme ou les animaux à sang chaud, mais leur décomposition dans l’environnement ou parfois dans l’organisme peut donner des sous-produits arsenicaux inorganiques hautement toxiques, et éventuellement susceptibles de bioaccumulation dans la couche racinaire ou de bioconcentration (y compris dans les arbres, via leurs racines par exemple).

Impacts écotoxicologiques :

De nombreux effets de pesticides sur les animaux ont été observés. Ils sont complexes, immédiats ou différés dans l’espace et dans le temps, et varient selon de nombreux facteurs, dont en particulier :

  • La toxicité et écotoxicité de la matière active, des surfactants ou adjuvants associés, de leurs produits de dégradation (parfois plus toxiques que la molécule-mère) et/ou de leurs métabolites ;
  • sa rémanence ; certains pesticides rémanents peuvent, longtemps après leur utilisation, persister et passer d’un compartiment à l’autre ; soit passivement (désorptionévaporationérosion…) soit activement via des processus biologiques (métabolisationbioturbationbioconcentration, etc.). On les dits parfois « écorémanents » ; C’est le cas par exemple du DDT qu’on retrouve encore des décennies après son interdiction dans certaines régions, éloignées de toute source de pollution directe.
  • Une action synergique (effet cocktail) éventuelle avec d’autres polluants ou composés de l’environnement ou de l’organisme touché ;
  • La durée de demi-vie de la matière active ou des métabolites (si la matière active est biodégradable ou dégradable) ; le premier des pesticides massivement utilisé il y a plus de 150 ans a été le vert de Paris (ou vert de Schweinfurt ou acéto-arsénite de cuivre très toxique, et non biodégradable.
  • Le temps d’exposition et la dose (exposition chronique à faible dose, exposition à des doses élevées durant un temps bref) ;
  • La sensibilité relative des organes, de l’organisme, de l’écosystème exposé, au moment de l’exposition et dans la durée si le produit ou ses effets sont rémanents ; A des doses ne montrant aucun effet aigu sur les adultes, des effets de perturbation endocrinienne peuvent nuire à la reproduction d’espèces agronomiquement importantes (vers de terre par exemple) ;
  • L’âge de l’organe ou l’organisme exposé (l’embryon, le fœtus, les cellules en cours de multiplication sont généralement plus sensible aux toxiques).

Effets sur la Santé Humaine 

L’OMS met en garde contre les dangers directs et indirects liés d’une part à l’utilisation de pesticides, d’autre part à leur exposition. En 1990, un rapport de l’OMS identifiait 220 000 décès dus aux pesticides, dont 91 % par suicide. À l’échelle mondiale, 30 % des suicides ont lieu par empoisonnement aux pesticides, notamment dans les zones rurales des pays en développement. Selon une revue de littérature de l’université de Lund (Suède) de 2013, qui s’appuie notamment sur la source précédente, environ 200 000 personnes meurent chaque année d’intoxication aigüe. En 2004, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé, de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme des Nations unies pour l’environnement cite un chiffre de 1990 qui estimait la mortalité des agriculteurs à 20 000, dont 99 % dans les pays en développement, alors que pourtant ceux-ci n’utilisaient que 25 % des pesticides vendus dans le monde. En 2017, un rapport d’experts auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations unies reprend le chiffre de 200 000 décès dus aux pesticides et plaide pour un nouveau traité global sur l’utilisation des pesticides, présentés comme non indispensables. Selon les auteurs, l’utilisation excessive des pesticides contamine les sols et la ressource en eau et représente une menace pour l’environnement, la santé et la production agricole elle-même.

Les intoxications aigües

En France, la Mutualité sociale agricole (MSA) et le laboratoire GRECAN, d’après de premières études MSA, ont conclu qu’en France environ 100 à 200 intoxications aiguës (irritations cutanées, troubles digestifs, maux de têtes) par an sont imputées aux pesticides.

Les dérivés organochlorés induisent tout d’abord des troubles digestifs (vomissement, diarrhée) suivis par des troubles neurologiques (maux de tête, vertige) accompagnés d’une grande fatigue. À ceux-ci succèdent des convulsions et parfois une perte de conscience. Si le sujet est traité à temps, l’évolution vers une guérison sans séquelles survient généralement. L’intoxication aiguë avec ce type de produit est relativement rare, à moins d’ingestion volontaire (suicide) ou accidentelle (absorption par méprise, dérive de nuage, jet de pulvérisateur…). Les signes cliniques sont des troubles digestifs avec hypersécrétion salivaire, nausée, vomissement, crampes abdominales, diarrhée profuse. Il y a de plus des troubles respiratoires avec hypersécrétion bronchique, toux et essoufflement. Les troubles cardiaques sont une tachycardie avec hypertension puis hypotension. Les troubles neuromusculaires se traduisent par des contractions fréquentes et rapides de tous les muscles, des mouvements involontaires, des crampes puis une paralysie musculaire générale. La mort survient rapidement par asphyxie ou arrêt cardiaque. Un antidote spécifique existe pour cette catégorie de produit : le sulfate d’atropine qui neutralise rapidement les effets toxiques.

Les rodenticides à base d’anticoagulants agissent en abaissant le taux de prothrombine dans le sang, nécessaire à la formation du caillot sanguin, entrainant des hémorragies internes. Ils ne causent généralement pas — sauf absorption massive à but suicidaire — de troubles de la coagulation, ni d’hémorragie chez l’adulte mais des hémorragies graves peuvent survenir chez l’enfant. Les symptômes, après quelques jours (pour une dose élevée) ou après quelques semaines (pour des prises répétées) sont : sang dans les urines, saignement de nez, hémorragie gingivale, sang dans les selles, anémie, faiblesse. La mort peut survenir dans les 5 à 7 jours qui suivent.

Les intoxications chroniques :

Pour l’adulte, il est difficile de mesurer les risques, sauf pour les lymphomes. Chez l’enfant, des cancers (tumeurs cérébrales, leucémies et néphroblatomes…) sont plus fréquemment associés à une exposition chronique aux pesticides ou à celle des parents lors de la grossesse. Les impacts suspectés de l’exposition in utéro du fœtus sont « infertilité, mort fœtale, prématurité, hypotrophie, retard de croissance intra-utérin (RCIU), malformations congénitales, notamment orofaciales »encore à confirmer en raison de possibles biais« Les pesticides peuvent interférer avec les hormones (perturbateur endocrinien), les facteurs de croissance ou les neurotransmetteurs » et les manifestations neurologiques sont « de mieux en mieux documentés »

Exemples de troubles constatés :

Atteintes dermatologiques : rougeurs, démangeaisons avec possibilité d’ulcération ou de fissuration, urticaire sont très fréquents, surtout sur les parties découvertes du corps (bras, visage) ; les roténones causent des lésions sévères des régions génitales.

Atteintes neurologiques : les organochlorés induisent une fatigabilité musculaire et une baisse de la sensibilité tactile. Les organophosphorés entrainent à long terme des céphalées, de l’anxiété, de l’irritabilité, la dépression et l’insomnie, voire des troubles hallucinatoires. Certains paralysent (comme les dérivés mercuriels ou arsenicaux).
En 2012, selon une trentaine d’études épidémiologiques, les pesticides pourraient induire des troubles dépressifs et psychiatriques (sans lien proportionnellement clair établi avec le taux de suicide plus élevé chez les agriculteurs que dans la plupart des autres professions

Troubles du système hématopoïétique : les organochlorés peuvent diminuer le nombre de globules rouges et blancs, avec risque de leucémie.

Atteintes du système cardiovasculaire : les organochlorés peuvent causer des palpitations et perturber le rythme cardiaque.

Atteintes du système respiratoire : elles sont souvent liées aux phénomène d’irritation engendrés par bon nombre de pesticides, favorisant des surinfections et les bronchites, rhinites et pharyngites.

Atteintes des fonctions sexuelles : un nématicide (DBCP) a provoqué chez les employés de l’usine où il est synthétisé un nombre important de cas d’infertilité. D’autres substances semblent impliquées dans la délétion croissante de la spermatogenèse, soit directement comme reprotoxiques soit à faible doses ou via des cocktails de produits comme perturbateur endocrinien. Dans ce cas, l’embryon peut être touché, même par une exposition à de faibles doses (anomalies génitales, et peut-être risque augmenté de certains cancers et de délétion de la spermatogenèse chez le futur adulte).

Craintes de perturbations hormonales : Certains pesticides se comportent comme des « leurres hormonaux ». Chez 100 % des 308 femmes enceintes espagnoles, ayant ensuite donné naissance à des enfants jugés en bonne santé entre 2000 et 2002, on a trouvé au moins un type de pesticide dans le placenta (qui en contenait en moyenne 8, et jusqu’à 15, parmi 17 pesticides recherchés, organochlorés, car étant aussi des perturbateurs endocriniens). Les pesticides les plus fréquents étaient dans cette étude le 1,1-dichloro-2,2 bis (p-chlorophényl)-éthylène (DDE) à 92,7 %, le lindane à 74,8 % et l’endosulfan-diol à 62,1 % (Le lindane est interdit, mais très persistant).

Cancers : Le GRECAN a mis en évidence un plus faible nombre de cancers chez les agriculteurs que dans la population générale, mais avec une occurrence plus élevée de certains cancers (prostate, testicules, cerveau (gliomes)…). L’étude AGRICAN commencée en 2005 est en cours jusqu’en 2020 : elle concerne le suivi de 180 000 personnes affiliées à la Mutualité sociale agricole (MSA). Il existe dans le monde une trentaine d’études qui montrent toutes une élévation du risque de tumeurs cérébrales. Selon l’INSERM il semble exister une relation entre cancer du testicule et exposition aux pesticides80.

L’étude d’Isabelle Baldi : Une étude a conclu mi-2007 que le risque de tumeur cérébrale est plus que doublé chez les agriculteurs très exposés aux pesticides (tous types de tumeurs confondues, le risque de gliomes étant même triplé). Les habitants utilisant des pesticides sur leurs plantes d’intérieur ont également un risque plus que doublé de développer une tumeur cérébrale. L’étude ne permet pas de dire si un produit ou une famille de pesticide serait plus responsable que d’autres, mais l’auteur note que 80 % des pesticides utilisés par les vignerons sont des fongicides.

Une autre étude, portant sur la population masculine française, établit des liens statistiques entre les pesticides employés et les lymphomes développés, et montre que l’incidence des lymphomes est deux à trois fois plus élevée parmi les agriculteurs.

Conclusion

L’utilisation des pesticides est toujours sujet à polémiques. Bien que certains soient désormais interdits, comme le DDT ou le Gaucho (partiellement interdit et qui est responsable, selon les apiculteurs de la mortalité des abeilles), les scientifiques et les gouvernements ont toujours du mal à démontrer irréfutablement leur dangerosité et sont en même temps victimes de la pression des lobbys (par exemple Mosanto). Certains agriculteurs tentent de développer des méthodes alternatives, mais il reste encore beaucoup à faire pour éradiquer définitivement l’usage des pesticides.

article réalisé avec l’aide de Wikipedia

Vidéo « Pesticides, le Poison de la Terre »

Alain CARDOT

Originaire de Lorraine (Damelevières, près de Lunéville), je vis depuis une vingtaine d'années à Bordeaux. Formé à l'école de la vie et autodidacte dans plusieurs domaines, j'ai toujours été passionné par tout ce qui concerne notre Dame Nature, et j'ai donc créé plusieurs blogs et boutiques en ligne autour de ce thème. Retrouver nos vraies valeurs, le respect de notre planète et en général "La Vie Au Naturel", me semble essentiel.

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